C'est arrivé à ma mére...
Je pense souvent à tout ça...
J'avais 15 ans, quand le téléphone a sonné. J'ai pris le message, bien que je ne comprenais pas pourquoi ils nous appelait nous, je me disais qu'ils avaient fait erreurs.
J'ai donné le message à ma mére : "Mam' le cimetière du centre ville a téléphoné pour savoir si tu veux faire arrêter des concessions, je leur ai dit qu'ils avaient fait une erreur !"
Le visage de ma mére a changé, je l'avais jamais vu comme ça.
"Ils ont fait erreur ?"
La réponse fut courte : "Non"
Je bredouillais, que personne de notre famille n'est enterrée là-bas et puis vu que notre famille n'est pas originaire de la région c'était pas possible...
Elle m'a assise.
C'est là que ma mére m'a parlé de son premier mari (je savais qu'il avait existait et qu'elle avait divorcé, mais sans plus). Elle m'a expliqué ce jour là, les grandes lignes, les détails je les ai appris plus tard, bien plus tard et en plusieurs fois.
Elle a eu des enfants avec lui, d'abord des jumelles qui sont mortes nées à 6 mois de grossesse. L'accouchement fut naturel et difficile dans tous les sens du terme pour ma maman.
Plusieurs années après, elle a eu un fils qui est né. Elle a eu une césarienne sous anesthésie générale.
Elle est restée deux jours en salle en de réveil, non pas qu'elle n'était pas lucide mais parce que son médecin ne savait pas comment lui dire que son fils était atteint par la trisomie 18, qu'il avait beaucoup de probléme de santé graves évidement.
Il a fini par lui dire, lui a expliqué que pour sauver cet enfant nn pas de cette maladie mais d'un arrêt cardiaque imminent, le bébé devait être opéré à coeur ouvert, car son petit coeur avait une grosse malformation.
Ma mére a je crois, pesé le pour et le contre. Elle est allée voir son bébé malgrè les interdictions des médecins, s'est souvenu de ses années de fac de médecine et des conséquences de la maladie sur son enfant.
Aujourd'hui encore, je ne juge pas. Je ne sais pas si j'aurais pu prendre une telle décision. Je crois que son mari l'a aider dans cette décision, elle avait appris qu'il avait une maîtresse depuis plusieurs années et il lui a dit à la maternité "Tu ne sais pas faire des enfants !".
Ma mére a donc refusé l'opération, à l'époque (environ 30 ans) certains médecins l'ont traité de tueuse d'enfant, de mére indigne et d'autres choses dont elle ne parle jamais. Son fils est décédé d'un arrêt cardiaque il avait 8 jours. Elle a ensuite demandé une autopsie, pour savoir pourquoi tout cela lui était arrivé.
Elle a aussi quitté son mari.
Un an plus tard, quand elle a enfin eu le courage, elle est allée chercher les résultats de l'autopsie. Ma mére et son mari était incompatible génétiquement, c'est extremement rare ce genre de chose...
Après avoir appris tout cela, il m'a fallu du temps pour le digérer. Puis à l'écol, on a eu des cours sur la génétique, le basique bien sûr. J'ai était très attentive.
Aujourd'hui je comprends, je juge pas. Je suis impressionnée car il fallait du courage.
Je me dis que grâce au progrès de la médecine, aujourd'hui on ne fait plus vivre ça aux femmes... Même si je sais bien qu'un avortement thérapeutique est quelque chose d'horrible à vivre.
Une échographie est un acte médical, à prendre au sérieux.