"On reproduit toujours ce que l'on a vécu !"
Elle est atroce cette phrase pour moi...
Elle sonne et résonne dans ma tête... Je suis allée voir des psys à cause d'elle...
Enfant, j'ai subi des attouchements sexuels de la part du mari de ma mére...
Je n'ai gardé aucuns traumatismes particuliers, si ce n'est un qui m'est arrivé il y a 5 ans... Je me suis dit que je risquais de reproduire sur mon propre enfant de mes propres mains, les sévices que j'avais vécu... J'allais devenir ce bourreau... Insupportable image...
Je suis allée voir un psy pour ça... Il m'a dit que j'étais normale et que le fait même que je me pose la question faisait de moi quelqu'un de saint d'eprit. Ouf !
J'avais des amis (je dis j'avais car je ne les vois plus) qui ont un fils que j'ai souvent gardé. Au début ça a été difficile, faut dire que je commençais à me poser ces questions... Je savais que je n'avais pas de soucis particulier lorsqu'il s'agissait de m'occuper de petite fille (j'ai fais du baby sitting pendant des années, et je n'ai gardé que des filles, c'est un pur hasard !).
Je n'ai pas menti à ses parents, et ils savaient ce que j'avais vécu et ce je me posais comme question. Ils n'ont pas douté de moi un instant.
Un jour, ils ont fini par me demander de leur garder une journée entière et tard le soir, ce qui signifie bain et repas ! Je voulais pas le faire... Ils ont renouvellé leur confiance en moi et m'ont dit que j'aimais trop les enfants pour faire quoique se soit, que j'avais tord de penser ça. Ils sont revenus le lendemain pour manger avec nous. La maman du petit m'a prise par la main et m'a demandé de venir avec elle, donner un bain à son fils. J'avoue avoir été mal à l'aise au début, mais c'est passé. Je n'ai eu aucun soucis avec ce petit que j'adore toujours même si je ne le vois plus...
Je sais, grâce à ça je sais ce que je ne suis pas. Pourtant, j'ai toujours peur d'avoir un garçon et de le rejetter parce qu'il est un garçon.
Comme tout le monde (amis, famille, psys et mon médecin) me l'ont dit. Je vis un traumatisme et c'est normal. Maintenant je dois continuer, et me battre comme je l'ai toujours fait...
Même si au fond de moi je sais que je vivrais bien le fait d'avoir un garçon, faudra que je le vive pour en être sûre. Je ne crois que ce que je vois...