Liberté d'Expression

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Samedi 2 février 2008
D’habitude tout commençait par un coup de fil de ma belle mère, et là pour changer c’est un coup de fil de l’Intello qui m’a tiré de mon sommeil vers 8h ce matin là. J’ai reconnu son numéro de téléphone, qui s’affichait sur le téléphone de la chambre, Chéri déjà debout a décroché, j’ai sauté du lit comprenant que c’était grave pour aller voir ce qui se passait. En entendant les propos de Chéri, j’n’ai pas hésité ‘on y va’, furent mes premiers mots ce matin là. Mon beau père avait fait un malaise il était en détresse respiratoire. Ni une ni deux on a sauté dans des fringues et dans la voiture. 15 minutes plus tard, nous étions à destination. Ma belle mère nous a ouvert en pyjama, Chéri est allé embrasser son père qui était au lit, j’avais une appréhension, je n’osais pas aller à son chevet. Je demandais donc à ma belle mère ce qui s’était passé. Elle m’expliquât qu’il s’était levé sans problème vers 2h du mat, et que vers 7h30 au moment où elle s’était rendormi, il s’était levé et que c’est là qu’il avait fait son malaise, elle l’avait trouvé au pied du lit par terre, souillé de n’avoir eu le temps de se rendre au toilettes, elle l’avait remis dans leur lit. L’infirmière était passé mais devait revenir. Lé médecin traitant avait déjà était appelé mais comme à son habitude il ne pouvait pas être là (ça fait deux fois), il passerait donc en fin de matinée…
Je me finis par me décider à aller lui dire bonjour, demandant d’abord à Chéri comment il était.
En entrant dans la chambre, je n’étais pas rassurée mais je m’approchais, il était allongé sur le côté, sans bouger, ses yeux regardaient dans le vide, ce qui m’intrigua, je me baissais donc pour permettre à la lumière de rentrer et pour éclairer ses yeux et là rien aucun changement, aucun réflexe rétinien. Je ne pus pas en faire plus, j’ôtais ma main de son bras décharné où on sentait tous les os, et retournait affolée dans le salon. Ma belle mère décida, après que j’ai bien insisté quand même, d’aller prendre sa tension. 6.4 de tension, elle annonça qu’il était dans le coma. Je lui répondais sèchement et en imposant de la voix qu’elle disait que des conneries, qu’il fallait appeler une ambulance. Elle refusa, il veut mourir à la maison. A côté Chéri s’effondrait en sanglot, elle aussi, moi aussi…
Je vous fais grâce de toute la tergiversation qu’il y a eut pour en venir aux décisions essentielles, je me souviens de la panique et aurait du mal à donner plus de détails que ce que je fais et vais faire.
Ma belle mère voulait à tout prix attendre l’infirmière, du coup je pris le téléphone et appela l’infirmière. Chéri réclamait un médecin et ne voulait pas laisser son père comme ça. Les pauses respiratoires qu’il faisait, étaient de plus en plus longue, il s’étouffait peu à peu.
Je fus sèche avec l’infirmière la priant de venir expliquant la tension artérielle extrêmement basse ; les pupilles qui ne se dilatait pas. Elle serait là d’ici 15 minutes. Il faudrait tenir jusque là. Elle me dit sinon d’appeler le 15. C’est Chéri qui composa ce numéro dès que j’ai raccroché, il ne pouvait pas le laisser mourir comme ça.
Entre temps, nous avons l’Intello au téléphone et d’autres personnes. Nous étions dans l’affolement de l’impuissance. Je pensais à mon ventre aussi, pourvu que mon bébé s’accroche, je devais rester calme, du coup je n’hésitais pas une seconde à fondre en larme pour évacuer et à crier si j’en avais besoin !
L’infirmière arriva. Elle alla le voir, je lui demandais si il allait mourir il me répondit que oui mais pas de suite ça pouvait durer 48h, 1 semaine, moins qui pouvait savoir. Elle demanda de l’oxygéne au médecin du 15, que par chance elle connaissait. Il allait faire son possible et nous envoyer des pompiers.
Le peu de force qui lui restait, il le mettait dans le fait de refuser tout examen supplémentaire, comme la tension, la température, il se débattait pas avec nous, je crois, avec la mort pour vivre, c’était sa manière de dire qu’il voulait vivre ou mourir.
Chéri ne pouvait plus aller voir son père dans la chambre, c’était trop dur il pleurait.
Les pompiers sont arrivés avec l’oxygène, ce qui la énormément soulagé au point qu’il a pu reprendre conscience, redevenir lui-même quelques instants. Il en a profité pour dire à sa femme qu’elle était chiante, enlever 3 ou 4 fois son masque à oxygène, il voulait aussi se lever, sortir du lit.
J’ai du partir pour aller lui chercher des couches, ce n’était plus possible autrement. J’y suis allée seule.
Pendant que je n’étais pas là, s’était aux alentours de 11h, le médecin traitant a enfin fait son apparition tellement attendue. Les pompiers étaient toujours là, et une évidence arrivait nous ne pourrions pas le laisser à la maison car il avait d’oxygène, et ce genre de chose ne peut pas être délivré comme ça en 1h, et les pompiers ne pouvait pas rester ad vitam æternam.
Le médecin a décidé d’hospitaliser son patient, ce qui était une bonne chose pour nous et pour lui. Mais pas parce qu’il était mourant non ! Parce qu’il voulait lui faire passer une radio des poumons pour voir si il souffrait d’une infection.
Je l’ai vu partir, il était squelettique. Conscient, mieux et même si à ce moment là, on se disais c’est peut être pas la fin, il était mourant.
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Par Laura - Publié dans : La "Belle" Famille
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